Relance du groupe de travail GIS 2if / Périscope

Un séminaire de travail sur la recherche participative sera organisé le 16 décembre après midi en format hybride

 

Le thème de la recherche participative en éducation et des liens entre chercheurs, praticiens, décideurs, industriels et marchands est ancien et relativement bien balisé, même s’il est loin d’être consensuel.

Les questions qui ne cessent d’insister sont celles des finalités visées, des postures des uns et des autres, de leur liberté d’action, des limites qui pèsent sur l’exercice d’un jugement objectif ou le plus désubjectivé possible, des exigences d’une démarche de recherche crédible et des critères de reconnaissance de ce genre de recherche.

Dans les dernières décennies, et contrairement à l’attitude condescendante parfois observée par des chercheurs se situant dans un paradigme de type expérimental à l’égard de la recherche-action dans les années 1970 et 1980, un renouveau est venu du continent américain, avec le Design-based research, méthodologie développée par l’International Society of the Learning Sciences (isls.org), et le design based implementation research (learndbir.org). L’approche des laboratoires de changement d’ Y. Engeström, diffusée à partir des années 2000, a également fourni de nouvelles références pour la recherche ayant une visée transformative.

Dans un texte de 2011, cet auteur soulignait l’intérêt de la recherche qui va au-delà de la relation entre variables et travaille sur les processus humains en cherchant à atteindre la causalité par l’observation et la reconstruction de séquences d’évènements. Cela conduit à considérer d’autres couches d’explication que les relations entre variables : une couche interprétative, une couche de contradictions et une couche d’agentivité, source d’innovation ou de transformation.

Un des problèmes souvent rencontrés est lié au fait que le recours à ces approches ne convainc parfois que ceux et celles qui sont déjà convaincus : les théorie sont rattachées à des domaines disciplinaires étudiant des champs partiellement communs avec leurs propres traditions, leur propre culture épistémologique. ll est toujours facile de plaquer toute théorieex post facto sur une approche méthodologique qui lui est peu reliée.

Or la valeur d’un travail scientifique en sciences humaines et sociales réside sans doute dans l’alignement entre théorie et méthode scientifique et dans le fait que les personnes responsables de la recherche ont directement affronté les problèmes embarrassants qui ont été rencontrés et pas toujours résolus.

En recherche participative, de plus, les agendas et les intérêts des uns et des autres sont loin d’être toujours compatibles. Une difficulté surgit toujours quand les interactions entre les différents acteurs sont systématiquement asymétriques (par exemple quand une catégorie est toujours en surplomb par rapport à d’autres).

Actuellement, il nous semble important que des communautés pluri-disciplinaires et pluri-professionnelles interrogent à nouveau la notion de recherche participative et la mettent à l’épreuve de leurs pratiques.

De ce point de vue, le travail entamé depuis 2 ans entre le GIS2if et le réseau Périscope a permis de croiser des points de vue de personnes engagées dans des cadres culturels et professionnels à la fois différents et suffisamment proches pour permettre la communication. Le moment nous semble venu de poursuivre la réflexion en s’appuyant sur le travail déjàeffectué sur les interactions entre pairs.

C’est pourquoi une rencontre en format hybride sera organisée le 16 décembre après midi (14-16 heures).

Son objectif sera de tenter de confronter à nouveau des points de vue contrastés et d’étudier dans quelle mesure il serait possible de préparer des interventions communes dans les manifestations scientifiques à venir.

Références

Baron, G.-L., & Fluckiger, C. (2021). Approches et paradigmes pour la recherche sur les usages éducatifs des technologies : Enjeux et perspectives. Canadian Journal of Learning and Technology, 47(4), Art. 4. https://cjlt.ca/index.php/cjlt/article/view/28059

Edelson, D. (2002). Design Research : What We Learn When We Engage in Design. Journal of the Learning Sciences, 11(1), p105-121. https://frodon.univ-paris5.fr:443/http/search.ebscohost.com/login.aspx?direct=true&db=aph&AN=5692714&site=ehost-live

Engeström, Y. (2007). Putting Vygotsky to work: The Change Laboratory as an application of double stimulation. In H. Daniels, M. Cole, & J. V. Wertsch (Éds.), Putting Vygotsky to work: The Change Laboratory as an application of double stimulation. Cambridge University Press.http://www.helsinki.fi/cradle/documents/Engestrom%20Publ/Change%20Laboratory%202007.PDF

Engeström, Y. (2011). From design experiments to formative interventions. Theory & Psychology, 21(5), 598‑628.https://www.su.se/polopoly_fs/1.268965.1454666476!/menu/standard/file/Engestr%C3%B6m%2C%20From%20design%20experiments%20to%20formative%20interventions%202011.pdf

Engeström, Y. (2020). Ascending from the abstract to the concrete as a principle of expansive learning. Psychological Science and Education, 25(5), 31‑43. https://psyjournals.ru/files/115521/pse_2020_n5_Engestrem.pdf

Laferrière, T. (2020). La recherche en partenariat pour l’enseignement d’hier à demain. Revue hybride de l’éducation, 4(1), 94‑115.

Sanchez, É., & Monod-Ansaldi, R. (2015). Recherche collaborative orientée par la conception. Education & didactique, 9(2), 73‑94. http://www.cairn.info/revue-education-et-didactique-2015-2-p-73.htm

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