Des avancées sur le tutorat par les pairs au Québec

Au Québec, le réseau Périscope vient de publier un document en direction des praticiens avec une synthèse pratique sur le Codesign de programmes de tutorat par les pairs (cf. en fichier attaché). En voici une brève synthèse.

Introduction

Face aux problèmes actuels, le document note que le rattrapage intensif ne suffira pas à répondre aux besoins des apprenants et que différentes formes de soutien sont requises de façon à valoriser ce que les élèves savent, ce qui conduit à un certain renversement des rôles entre adultes et apprenants (à la fois dans le primaire et le secondaire). Sept principes d’action ont été énoncés :

  1.  Partir du jeune
  2. Être à l’écoute de ses intérêts
  3. Lui donner la possibilité d’apprendre autrement
  4.  Tirer profit des savoirs variés des jeunes
  5.  Les inviter à participer au codesign du TuToP
  6. Miser sur l’explicitation de ce qui a mené au comportement réussi ou non
  7. Prioriser le bien-être

On est alors dans ce qu’on appelle au Québec une démarche de codesign, qui comprend les étapes suivantes :

  • Activité de repérage de forces (1 jeune, 1 force)

  • Activité de repérage de capacités à améliorer

  • Activité de jumelage

  • Activité de planification d’un temps dédié (5-10-15 minutes)

  • Activité de retour sur comment ça se passe dans les dyades

Bien entendu, cette démarche suppose une entente entre tuteur et tutoré, qui peut se construire selon les étapes suivantes :

  • Le tuteur nomme une force du tutoré
  • Le tutoré reconnait et accepte l’aide proposée
  • Le tuteur s’engage envers le tutoré à lui expliquer comment il (elle) s’y prend pour réussir un problème, une activité, une performance
  • Le tutoré s’engage à respecter la façon de s’y prendre du tuteur
  • Le tuteur exprime le souhait que le tutoré lui donne un truc lui permettant d’exercer la force qu’il lui a reconnue
  • Le tutoré accepte de livrer au tuteur une confidence ou un truc qu’il (elle) a dans son sac et qui lui permet d’exercer la force que lui a reconnue le tuteur
  • 7. Tuteur et tutoré conviennent de se comporter conformément à cette entente.

On procède différemment selon qu’il s’agit d’apprentissages formels ou informels :

Apprentissages formels

Dans ce cadre ; la dyade comprend tuteur/tutoré, de capacités différentes. La tâche comprend le problème à comprendre, à résoudre . Un élève à la fois verbalise sa façon de comprendre ou de résoudre le problème

Séquence d’interactions tuteur-tutoré suggérée

  • Le tutoré nomme ce qu’il (elle) souhaite savoir ou faire
  • Le tuteur lui explique sa façon de faire dans un tel cas
  • Le tutoré explique comment il (elle) s’y prenait
  • Le tuteur offre des suggestions concrètes
  • Le tutoré fait l’exercice en décrivant sa façon de faire
  • Le tuteur offre de la rétroaction
  • Le tutoré explique ce qui a changé dans sa façon de comprendre ou de résoudre le problème
  • Au besoin et lorsque le temps le permet, la séquence d’interactions est répétée.

Apprentissages informels

Là encore, la dyade comprend tuteur/tutoré de capacités différentes. On part d’un apprentissage souhaité par un jeune et d’un jeune prêt à montrer son savoir-faire

Séquence d’interactions tuteur-tutoré suggérée

  • Le tutoré nomme ce qu’il (elle) souhaite savoir faire
  • Le tuteur fait une démonstration
  • Le tutoré explique comment il (elle) s’y prenait
  • Le tuteur suggère un correctif
  • Le tutoré essaie
  • Le tuteur offre de la rétroaction
  • Le tutoré réessaie, pratique, fait une démonstration de ce qu’il (elle) arrive à faire.
  • Au besoin et lorsque le temps le permet, la séquence d’interactions est répétée.

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