Humanités numériques, entre recherche et éducation

Le GIS 2if vient d’être accepté comme porteur d’un Groupe technique numérique lancé par le ministère de Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. Ce projet va se dérouler pendant deux ans.

Le thème des humanités numériques revêt une grande importance pratique pour tous les jeunes. En effet, elles se trouvent à l’interface de trois grands domaines de l’éducation : les sciences, les technologies et les humanités (lettres et arts). Elles posent la question du rapport à la “matière” numérique en tant qu’elle bouleverse notre organisation sociale et nos modes de pensée.

Aujourd’hui ce thème est devenu presque banal, avec une grande diversité de significations possibles, en particulier depuis le développement sans précédent des réseaux sociaux et de l’attrait pour les « big data » ou l’IA, supposées pouvoir fournir des preuves et des prédictions à partir de méthodes corrélationnelles. L’expression « humanités numériques » est apparue avec l’arrivée du Web, associant les problématiques de la communication en ligne à celles du calcul (Dacos & Mounier, 2014). Cependant, cette expression a aussi fait très tôt l’objet de débats et de controverses (Fiormonte, 2012). Cette polysémie du syntagme “humanités numériques” suggère de préciser voire de déconstruire cette notion (Kim & Stommel, 2018). Il s’agira alors au sein de de groupe de travail d’en préciser les contours, d’en montrer les enjeux.

La proposition du GIS 2IF ’appuie sur trois éléments fondamentaux constitutifs de son action : l’interdisciplinarité, sa capacité à mener des recherches participatives en lien étroit avec les académies, son expérience de recherche menée à tous les niveaux de formation (de l’école obligatoire à l’université) permettant d’envisager des ponts entre ces niveaux. Ce sont ces éléments qui structureront les actions envisagées pour ce groupe de travail.

Elle vise à recenser les pratiques d’enseignement des humanités numériques et donc d’interroger la pertinence de cette notion dans un but de clarification, de mutualisation et d’amélioration des apprentissages. En effet, les technologies numériques forment un objet d’enseignement incomplet et très diversement abordé. Plusieurs valences principales sont en tension entre l’intérêt de former à l’usage d’outils sophistiqués et qui se renouvellent très vite, de former à la culture technique, de former à l’éducation aux médias et à l’information (Baron, 2018), voire de développer une “pensée informatique” (computational thinking) dont les contours restent à préciser (Drot-Delange et ali., 2019). Une analyse comparée et critique des pratiques des humanités numériques sera donc réalisée.